Annulation d'un mariage religieux2

Publié le par YELBH

L'on peut toujours aller voir le prêtre de sa paroisse. Il est peut-être possible que le premier mariage puisse être reconnu comme n'ayant jamais existé, puisque il y avait éventuellement un problème dès le début.

Peut-on annuler le mariage religieux ?


Dernièrement j'ai trouvé ce texte qui peut aider à comprendre tout le sens d'une bonne préparation pour le mariage.

"Le mariage étant un sacrement, il est indissoluble : on se marie pour la vie. Lors de l'échange des consentements, chacun décline : « Je me donne à toi pour t'aimer fidèlement tout au long de notre vie »

On ne reprends pas ce que l'on a donné. On ne peut donc annuler son mariage religieux.

Par contre, on peut, pur des motifs graves, faire constater par l'Eglise que le consentement des époux n'était pas valable et qu'ils ne se sont pas donnés le sacrement du mariage, celui-ci, étant, de ce fait, nul.

Parmi les motifs, citons :

- Exclusion de la fidélité : l'un des époux garde une liaison antérieure.
- Incapacité de respecter la fidélité : obsession sexuelle, donjuanisme (besoin irrésistible de séduire), etc.
- Refus de l'indissolubilité : mariage à l'essai, ou bien un des époux réserve le droit de rompre le mariage à son gré.
- L'un des époux a caché à l'autre une maladie grave, un séjour en hôpital psychiatrique, sa stérilité, de lourdes condamnations pénales, son appartenance à une organisations terroriste, ou à une secte, son homosexualité, etc.
- Refus définitif d'avoir des enfants.
- Celui qui s e marie avec l'intention de ne rien donner. « Je me donne à toi. », mais uniquement pour en tirer un avantage (acquérir une nationalité, ou un titre, ou une fortune, ou uniquement pour se servir de son conjoint pour assouvir ses pulsions sexuelles sans se donner pour autant à lui, ou encore celui qui continuerait à vivre exactement comme s'il était célibataire et si le conjoint n'existait pas).
- Graves troubles psychiques ou mentaux.
- Manque de liberté intérieure (pression des parents, etc.) ou de discernement : on doit être capable de savoir ce à quoi on s'engage.

Comment s'y prendre ?

Il faut s'adresser à un avocat ecclésiastique (ne pas confondre avec un avocat civil) que l'on peut choisir sur une liste disponible à l'évêché ou dans les paroisses (il assure bénévolement ce service d'Eglise).

Si les motifs existent, il saisira le tribunal, appelé officialité (trois juges ecclésiastiques) qui comporte d'ailleurs deux degrés (ex. Reims + Amiens).
Le tribunal tranchera au vu des pièces du dossier et après que les témoins auront été entendus par l'un des trois juges. La procédure est confidentielle.

Cette démarche permet donc à des personnes en situation d'échec conjugal de retrouver une paix intérieure et de vivre dans la sérénité leur foi au sein de la communauté chrétienne, et le cas échéant, de se remarier à l'Eglise.

Christian Pelletier
Avocat ecclésiastique
pour l'officialité
métro-politaine de Reims
(Champagne-Picardie)

Publié dans Sacrement

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